Ca faisait un petit moment que Jérome (mon cousin) et moi, on se disait qu'il
fallait qu'on se fasse un truc spécial à moto. Quelque chose qui laisse un souvenir. Après mure réflexion, la seule destination qui s'imposait était la Corse. D'une part parceque
c'était loin et d'autre part pour la beauté du lieu. Pour ne pas faire de jalouse, on trouve un coin sympa où femmes et enfants pourront aller en vacances et ça nous laisse l'esprit tranquille.
Préparation du voyage, pas difficile. Juste à réserver les billets pour le ferry et le reste, à l'aventure.
Première destination Marseille. On part à 3 heures du matin. Petite anecdote : on n'avait pas fait 5 kms, qu'une bande de branleurs nous balance des cannettes (en verre) de bieres vides sur la gueule, au passage. Là, je me dis, ça commence bien !
Jérome a un pote qui tient un camping du côté de Bollene. On se décide d'aller y faire une étape, d'autant plus qu'on a 1 jour d'avance sur la date de départ du bateau. Bollène Marseille ne sera qu'une formalité. Je dois dire que je suis agréablement surpris par le comportement des motos. Ce ne sont pas des foudres de guerre, mais très à l'aise sur tous les types de routes que nous avons pratiquées. On m'en avait dit le plus grand bien avant que j'en achète une. Un manque certain d e puissance, mais que peut-on demander à un bicylindre 650 Cm3 à cardan !?
Ferry du soir, espoir ! Nous embarquons et nous nous vautrons dans les pullmans réservés. La seule chose à laquelle nous n'avions pas pensé, c'est que c'était également une date pour les départs de colonies de vacances. Le ferry était envahi d'une bande de morveux, qui a passé la nuit à foutre le bordel. Leur salle de jeux : les sanitaires !
Au petit matin, une petite distribution gratuite de torgnoles (de pec à chan d'la main que j'pisse, comme on dit chez moi), par pure vengeance de la nuit qu'on vient de passer, et côté pratique, ça libère les places dans les douches.
Voilà, nous posons enfin les roues sur le port de Bastia. Il est 6 heures de mat' et il fait un temps magnifique. On se prend un petit déj' local dans un bar du coin, rien que pour sentir l'esprit. Bonne idée, on se retrouve avec une bande de marins pêcheurs à l'accent chantant et aux expressions que nous attendions.
Allez, on ne s'attarde pas et en route pour Calvi, via le désert des agriates, Saint Florent et Calvi.
Aujourd'hui la route de Bastia à l'Ile Rousse, elle est super sympa, mais à l'époque c'était un véritable poulailler. A ce rithme là, on s'était dit qu'il nous faudrait 2 trains de pneus pour faire le tour de l'île.
Pour ceux qui se font des idées sur les Corses, leur fierté, leur mauvaise humeur, etc. Et bien ces idées là, mettez les au placard. Bien sûr, ce sont des insulaires avec la fierté d'appartenance à un peuple, une langue, une histoire mais sincèrement, j'aimerais bien être accueilli sur le continent comme nous y avons été accueillis. Il faut prendre le temps de discuter avec eux et surtout de laisser les histoires corses aux Corses. Ne pas prendre position sur quelque chose qui nous dépasse.
Peu importe, notre séjour est idéal. Les temps est magnifique, il fait chaud et nous avons exactement ce que nous attendions. Les cartes postales en direct live : la mer bleue, le soleil, les vieilles femmes habillées de noir, les troupeaux de chèvres sur la route, les routes sinueuses, enfin bref, tout y est !
Vitesse de croisière, 40km/h ! Il ne faut pas espérer faire plus ! Nous roulons en montagne. Au fil des kilomètres nous rejoignons d'autres groupes de motards, qui en rejoignent d'autres, ce qui fait que nous nous retrouvons tous dans les campements. Ambiances super sympa, sauf quelques "motards" étrangers qui nous snobent, pensant peut être qu'il font partie de l'élite.
Alors voici en rouge le parcours que nous avons fait.. Les points jaunes sont les endroits où nous avons planté nos tentes (non, j'ai pas dit "tantes").
Enfin, une douzaine de jours, tout compris, ça ne laisse pas trop de temps pour faire l'intérieur de la corse...
Pour ceux qui connaissent la Corse, pour ma part, mon coin préféré, c'est Piana et ses calanques... Les roches roses, la mer bleue... J'y serais bien resté un peu plus longtemps. Mais quand il faut rentrer...
Le retour !
Là, je peux dire "Putain de voyage !". Après un Bastia Marseille sur la SNCM, nous montons sur les motos et on enquille la route, direct !
On n'a pas fait 100 bornes, qu'il nous est tombé des trombes d'eau sur la gueule. Infernal !
Obligés de ralentir considérablement notre vitesse, ce qui fait que les automobilistes nous ont doublés et, certains d'entre eux, bien veillants, se rabattaient juste devant nous, au cas où on n'aurait pas pris assez de flotte ! (Enfoirés, va !).
17 heures ! 17 heures sous la flotte pour faire la quelques 900 kms qui séparent Marseille à Rouen. Gelés, trempés, fatigués !
Jérome et moi, on se sépare à quelques bornes de la maison. On se fait un signe de la main et chacun retourne dans son foyer... Quand je suis arrivé chez moi, j'ai foutu la moto dans la garage et je me suis dit qu'il se passerait un bon moment avant que je repose mes fesses dessus ! Tu parles Charles ! Le lendemain, un coup de nettoyage, j'ai refait les niveaux, et c'était reparti pour un tour !
Je mets quelque photos, certaines prises sur le net et d'autres que j'ai scannées (d'où la mauvaise qualité. Les appareils numériques n'existaient pas à l'époque et mon vieux reflex commençait à être fatigué des vibrations sur la moto...)
Bonifacio... La pointe sud de la Corse.
Les calanques de Piana
La
Citadelle de Calvi
Jérome et la position de bronzage motard, sous les bras !
Me voici, l'air aimable, au retour sur le bateau...
Enfin arrivé ! Le retour après un voyage de 17 heures sous la flotte !
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Une fois n'est pas coutume, je vais parler de zick !


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